Symptômes, diagnostic, suivi… Comment se sortir d’un burn-out parental

Pourquoi je vous en parle ici : On en entend de plus en plus parler. Une amie d’amis, un témoignage que l’on lit, un podcast que l’on écoute. Le burn-out parental peut toucher n’importe qui. Cela ne veut pas dire qu’on a échoué, ni qu’on est de mauvais parents. Simplement que nous n’arrivons plus à suivre. Trop de tâches, trop de sollicitations, trop de cris, trop de pleurs, trop d’appel « Mamaaaan, Papaaaaa !!! »… Sans forcément être au bord du burn-out parental, qui ne s’est jamais dit « Je n’en peux plus, je suis fatigué(e) » ? C’est pour comprendre cet engrenage que certains vivent que j’ai interrogé Angélique Lefort, consultante parentale et formatrice pour les professionnels de la petite enfance. Signes avant-coureur, conseils, suivi médical, elle m’explique les solutions à mettre en place pour s’en sortir.

Qu’est-ce que le burn-out parental ?

Angélique Lefort – C’est le déséquilibre que ressent un parent entre les sources de stress liés à sa parentalité (repas, devoirs, nuits entrecoupées, lessives, trajets école/domicile…) et les ressources qu’il a au quotidien pour gérer ces stresseurs. Autrement dit c’est la manière dont la personne se sent en difficulté face à ces facteurs de stress. On peut tous connaître des problèmes de ce type au quotidien, mais le burn-out parental se caractérise aussi par sa durée. Quand ces stresseurs deviennent pesants et envahissent le quotidien, le parent peut craquer parce qu’il n’arrive plus à gérer. Cela touche aussi bien les hommes que les femmes, toutes catégories de population confondues et tous types de famille.

Quels sont les premiers signes qui doivent alerter ?

Angélique Lefort, consultante parentale.

Il y a d’abord une phase de détachement émotionnel et de distanciation. Le parent, qui ne supporte plus les cris et les pleurs, va se mettre en mode protection et se renfermer dans sa bulle. Parallèlement, il fait ce qu’il a à faire de manière automatique, par exemple changer une couche ou aller chercher ses enfants à l’école. Quand ça dure, la personne perd ensuite en estime de soi et commence à culpabiliser en regardant le parent qu’elle est devenue. Peut aussi s’ajouter un conflit avec le conjoint, qui ne comprend pas ce qui se passe et voit ses enfants subir cette situation. Souvent, l’élément déclencheur vient d’ailleurs des enfants qui, face à tout ce stress et à cette insécurité, vont changer de comportement. Les parents vont alors venir consulter et en démêlant les fils on comprend qu’il y a une situation de burn-out parental. On peut aussi voir apparaître des symptômes physiques comme des insomnies ou des troubles alimentaires.

« C’est très dur de lutter seul alors qu’on a perdu l’estime de soi »

Comment réagir dans ces cas-là ? Faut-il tout de suite aller voir un médecin ?

Oui, il faut se faire aider car c’est très dur de lutter seul alors qu’on a perdu l’estime de soi. Il faut se tourner vers son médecin traitant, un psychologue ou un spécialiste du burn-out parental. Avec un professionnel, on n’aura pas le sentiment d’être jugé. Il faut aussi accepter qu’on va être mis en arrêt maladie. C’est souvent difficile car la personne ne se considère pas malade et pense que le travail l’aide à survivre. Mais il faut du temps pour se sortir de cette situation et récupérer de l’épuisement physique engendré par le burn-out parental.

Y a-t-il des astuces à mettre en place au quotidien pour s’en sortir ?

Je recommande de faire un état des lieux de sa parentalité, observer l’équilibre entre les stresseurs et les ressources existantes. Il faut se questionner : comment je me sens en ce moment ? Qu’est-ce qui est dur à faire chaque jour ? Qu’est-ce que je peux mettre en place pour changer cette situation ? On peut déléguer certaines choses à son partenaire ou à un proche, ou parfois il suffit de déplacer un curseur. Par exemple, si les devoirs sont un moment stressant, on va faire en sorte qu’ils ne durent pas plus de 30 minutes au lieu d’1h30, ou on va les faire dans une pièce agréable pour le parent et l’enfant. On peut aussi prévoir une réserve de bonbons pour la fin pour rendre ce moment plus joyeux. L’idée c’est de retrouver des moments de plaisir et de qualité ensemble et qui vous fassent plaisir à tous les deux.

Une fois qu’on en est sorti, comment éviter de retomber dans le burn-out parental ?

Il faut continuer d’écouter ses besoins, que ce soit devenu un réflexe de vie. C’est une grande épreuve pour les parents, mais une fois qu’ils ont identifié le mal, cela amorce une prise de conscience chez eux. Ils savent qui ils sont et quelles sont leurs limites. Ils en ressortent beaucoup plus sereins dans leur vie de parents mais aussi d’homme ou de femme. Ce qui leur permet de donner autant de place à leur identité parentale qu’aux autres, professionnelle, sociale, amoureuse, etc…

Après cette interview riche en enseignements, Angélique Lefort m’a conseillé comme ressource le site Burnout parental, qui s’adresse aux parents et aux professionnels et permet de faire un test pour savoir si on est soi-même un burn-out. Il permet aussi de trouver des professionnels près de chez soi avec son annuaire en ligne. Un site riche et utile dont je vous mets le lien ici.

J’avais déjà interrogé Angélique par le passé, sur la phase du « terrible two » que peuvent traverser nos enfants bébé, voici mon article : Colère, pleurs, émotions… Comment gérer la période du « terrible two » chez nos enfants ?

En savoir plus sur Angélique Lefort sur son compte Instagram

Retrouvez-moi sur mon compte Instagram @Parlonsmaman

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