Colères, pleurs, émotions… Comment gérer la période du « terrible two » chez nos enfants ?

Pourquoi je vous en parle ici : Avec ma petite deuxième depuis quelques mois, nous connaissons des moments d’intenses agitations, où elle est submergée par ses émotions et nous totalement perdus ! Même avec l’expérience de mon aînée, je me sens parfois désemparée face à ses crises de colère ou de pleurs, ne sachant quelle attitude adopter. Quand j’en parle autour de moi, cette expression bien connue du « terrible two » revient régulièrement. Elle va en effet avoir deux ans dans quelques jours… Mais que cache cette expression et que dit-elle des émotions de nos enfants ? Combien de temps cette période dure-t-elle ? Et surtout comment réagir pour bien accompagner notre enfant ? C’est à toutes ces questions que j’ai voulu répondre pour vous donner des clés à vous mamans ou futures mamans. Angélique Lefort, consultante parentale et formatrice pour les professionnels de la petite enfance, me répond.

On parle souvent du « terrible two » de nos enfants, période pendant laquelle leurs émotions sont très fortes. Pouvez-vous nous expliquer ce que c’est ?

Angélique Lefort – Le « terrible two » correspond au moment où on ne reconnaît plus son enfant. On avait un bébé bien docile et paisible, et d’un coup on se retrouve avec un enfant qui est dans l’opposition permanente et fait des crises énormes. Contrairement à son nom, ça n’arrive pas forcément à la date des deux ans. Cette période peut commencer vers 18 mois et s’étaler jusqu’à 3 ans, voire un peu plus. Tous ne le traversent pas de la même manière, mais cette étape fait partie de leur développement. C’est un moment où ils apprennent à s’affirmer par eux-mêmes et à prendre leurs distances avec leurs parents.

Comment agir pour que cette période se passe bien ?

Ce qui va aider l’enfant à traverser cette étape c’est de l’accompagner dans l’identification et l’accueil de ses émotions, plutôt que de le réprimander. Par exemple, si vous devez rentrer du parc et que votre enfant se met en colère parce qu’il ne veut pas partir, il y a deux manières de réagir. Soit vous dénigrez un peu sa frustration en lui disant « ça va maintenant on rentre » au risque d’accentuer sa colère, soit vous adoptez une attitude plus ouverte du type « je comprends que tu aies envie de rester mais c’est l’heure d’aller prendre le bain ». C’est cette dernière qui l’aidera à accepter son émotion et la situation. En tant que parents, nous devons réussir à faire la distinction entre les émotions de notre enfant et son comportement. Oui, mon bébé fait parfois des colères inacceptables mais c’est parce qu’il ne maîtrise pas ses émotions, c’est son corps qui les exprime.

« En acceptant de se mettre à l’écoute de son enfant, on peut éviter une colère »

A partir de quel âge l’enfant parvient-il à maîtriser ses émotions justement ?

A 18 mois ou 2 ans, le cerveau de l’enfant est encore immature, il y a trop peu de connexions entre le cerveau émotionnel et le cerveau pré-frontal qui sert à le raisonner. Le premier prend toute la place, ce qui fait qu’il n’a aucun filtre dans ses réactions. Le cerveau finit ces fameuses connexions à l’âge de 25 ans… Cela peut expliquer aussi ce qui se passe pendant l’adolescence !

Angélique Lefort, consultante parentale.

En attendant, pendant la petite enfance, c’est aux parents de jouer le rôle de connecteurs pour aider leur enfant à grandir et à se construire. On note toutefois une amélioration dans la gestion de ses émotions quand il commence à maîtriser la langue et qu’il a plus de moyens de s’exprimer. Ça se fait en général conjointement à son entrée à l’école.

Que faire face à un enfant qui dit « non » à tout ?

Déjà, il faut se demander en tant que parent si nous même on ne dit pas toujours « non mais… » quand on répond à quelque chose, ça peut être un tic de langage qu’il répète. Après, il est évident que beaucoup d’enfants s’affirment par ce biais-là. Dans ce cas, il ne faut pas se positionner contre lui mais plutôt essayer de le comprendre : « ah oui, tu n’es pas d’accord, qu’est-ce que tu aimerais à la place ? ». On peut aussi agir comme quand il était nourrisson et procéder par élimination pour comprendre ce qu’il a : est-ce qu’il a faim ? Est-ce qu’il a sommeil ? Est-ce qu’il cherche mon attention ? En acceptant de se mettre à son écoute, on peut éviter la colère. On peut aussi lui laisser le choix entre deux situations ou lui faire un câlin, ça fait tout de suite redescendre la pression.

« Celui qui reproduit une bêtise, c’est souvent un enfant qui veut attirer l’attention de ses parents »

Faut-il poser des règles dès son plus jeune âge et si oui, quand et comment ?

Oui, il faut poser un cadre de vie, c’est essentiel, avec un rythme qui est toujours le même. Ça permet à l’enfant d’anticiper et de comprendre ce qu’il se passe. Il sait par exemple que chaque matin, papa et maman partent au travail et que lui va à la crèche par exemple. Ou que le soir après le bain, il va dîner, puis lire une histoire et se coucher. Suivre la même routine chaque jour rassure les enfants et les sécurise. Un bébé qui se sent en insécurité va avoir tendance à faire plus de crises.

Les règles sont importantes, mais il faut aussi s’autoriser parfois, quand on est fatigué, à agir de manière plus cool et à sortir de ses propres exigences. On peut le dire à son enfant : « ce soir je suis fatiguée, donc on va faire facile, ok ? » Il ne faut pas oublier vos propres émotions pour que la famille évolue dans un cercle cohérent.

Comment réagir quand son enfant fait une bêtise ?

Quand un parent pose un interdit, l’enfant peut se sentir mis à l’écart, avoir l’impression que sa mère ne l’aime plus et se mettre dans une colère terrible. Il faut rester le plus calme possible, et lui expliquer qu’on est fâché de sa bêtise mais qu’on l’aime quand même. En général ça suffit pour qu’il ne recommence pas. Celui qui reproduit sa bêtise, c’est souvent un enfant qui veut attirer l’attention de ses parents.

Existe-t-il une recette pour éviter les crises en amont ?

Quand les besoins de l’enfant sont satisfaits – s’il a bien dormi, bien mangé et qu’il a son quota d’attention -, on évite au maximum les situations de crises. On diminue aussi ce risque quand on accueille chaque jour les émotions de tous les membres de la famille. C’est normal de passer par des moments de joie, mais aussi de colère ou de tristesse. En laissant s’exprimer ses émotions, on arrive à désamorcer pas mal de situations.

En savoir plus sur Angélique Lefort sur son compte Instagram.

Retrouvez-moi sur mon compte Instagram @Parlonsmaman

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