Pleurs, langage, comportement : comment décoder son bébé

Pourquoi je vous en parle ici : Devenir parents est sans doute la chose la plus universelle qui soit et pourtant cela n’a jamais semblé aussi compliqué. Entre les injonctions de la société, de son entourage, les images renvoyées par les réseaux sociaux, les récits entendus, on a vite l’impression d’être débordés par cette parentalité naissante. Comme le dit Laurence Rameau, puéricultrice et auteure (entre autres) du livre Je décode mon bébé*, avec « la tendance actuelle d’une éducation naturelle, on a tous les meilleurs produits pour son bébé, mais l’éducation n’a jamais été aussi peu naturelle et les parents aussi peu sereins ». Alors comment s’y retrouver quand on devient parents ? Comment apprendre à s’écouter et à écouter son bébé ? Comment se libérer des injonctions et décoder soi-même son bébé ? Laurence Rameau me donne plusieurs pistes et conseils pour y parvenir, issu de son guide très pratique et joliment illustré par Mrs Masch.

Quand on devient parents, on peut vite être perdus devant les pleurs de notre bébé. Avez-vous des conseils pour mieux les appréhender ?

Laurence RAMEAU – Les pleurs doivent toujours être pris comme un signal d’alarme : en pleurant, votre bébé vous fait comprendre qu’il a un souci. Ça ne veut pas forcément dire que c’est grave, mais il vous appelle car il a besoin de quelque chose. Est-ce qu’il a suffisamment mangé ? est-ce qu’il a assez chaud ? sa couche est-elle sale ? Ce sont les premières choses auxquelles il faut penser et qui souvent permettent de calmer bébé. Mais il faut aussi accepter que parfois on n’arrivera pas à éteindre ce signal d’alarme. Avant on disait que bébé « se faisait la voix », c’était certainement plus simple ! Aujourd’hui, les parents se mettent une pression très forte en se disant qu’ils doivent tout faire pour que bébé arrête de pleurer et se sente mieux. Il faut qu’ils sachent que ça peut être des pleurs de décharge, qui mettront plus de temps à s’apaiser. Dans ce cas, il faut écouter bébé, l’avoir près de soi et le rassurer en lui parlant.

Que faire quand rien ne fonctionne et qu’on n’y arrive plus ?

Pour les parents désemparés, il faut d’abord reconnaître qu’on n’y arrive pas, se le dire et ensuite s’éloigner de son bébé en le mettant en sécurité dans son lit. On vérifie que tout va bien – bébé n’a pas faim, froid ou la couche sale -, puis on sort de la pièce. Si besoin, on peut fermer les portes pour ne plus entendre les cris et là on tente de s’apaiser soi-même, en mettant un peu de musique ou en prenant un petit bain. Car on ne pourra pas apaiser son enfant si on ne s’apaise pas soi-même. On peut aussi appeler quelqu’un pour en parler et évacuer cette pression. Ça aide à se sentir mieux et parfois dans ce laps de temps, bébé finit par s’endormir et tout s’apaise. Surtout, il faut se dire que c’est normal que son bébé pleure et que ça ne signifie pas forcément qu’il ne va pas bien.

« Aujourd’hui tout est un peu forcé, il y a beaucoup d’injonctions dès la grossesse et les parents oublient de se faire confiance »

A partir de quel âge un bébé commence-t-il par interagir avec son entourage ?

Dès la naissance ! On appelle cela des « interactions précoces ». Elles passent par exemple par le regard, très profond du nouveau-né vers sa mère, les premiers sourires même si on dit qu’ils ne sont pas volontaires ou lorsque bébé se blottit contre son parent. Ces interactions sont très bénéfiques pour son développement. Je dis d’ailleurs aux parents de ne pas toujours prendre leur bébé contre eux mais de le garder aussi à une petite distance, comme celle du sein au yeux, pour lui parler. Il faut lui parler souvent en lui racontant ce qu’il se passe dans journée, qui est venu le voir, pourquoi vous allez à tel endroit… Même s’il ne comprend pas tout, les mots résonnent en lui comme une chanson qui l’enveloppe d’affection et lui permettent de commencer son développement. Plus tard, il répondra à ses parents en babillant.

Comment parler son bébé ? Dans votre livre, vous évoquez le langage appelé « mamanais »…

C’est une langue qui est reconnue scientifiquement. Quand on parle à un bébé, on utilise tous naturellement une voix spéciale, plus musicale et plus aigüe, et ce ton de voix l’interpelle. C’est celui auquel il est le plus sensible. Le « mamanais » est donc important au début de la vie de bébé, jusqu’à ses six mois environ, pour entrer en interaction avec lui. Il ne faut pas chercher à le gommer, c’est ce qui va permettre à l’enfant de se synchroniser avec ses parents.

Quels conseils donnez-vous aux futurs et jeunes parents pour cerner au mieux leur bébé et avancer sur le chemin de la parentalité ?

Je leur dis qu’il est important d’être dans le vrai, avant même la naissance. Devenir parents n’est pas le pays des bisounours. C’est un long chemin, qui ne sera pas rose tout le temps, donc il ne faut pas l’idéaliser. Il ne faut pas non plus se mettre une pression de réussite, mais simplement se dire qu’on fera du mieux qu’on pourra et que les choses se feront en marchant. Aujourd’hui tout est un peu forcé, il y a beaucoup d’injonctions dès la grossesse et les parents oublient de se faire confiance. On n’est par exemple pas obligés d’avoir les dernières couches naturelles pour être de bons parents. Un bébé a avant tout besoin que ses parents lui apportent beaucoup d’amour et soient sereins.

* Je décode mon bébé, de Laurence Rameau et illustré par Mrs Masch, éditions First.

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