Accoucher pendant le Covid-19 : le témoignage de Charlotte, maman de Hugo, 1 mois et demi

Pourquoi je vous en parle ici : La période que nous vivons nous bouleverse tous. La première fois, nous nous sommes dit qu’il s’agissait d’une expérience collective. Maintenant, on se dit que ça suffit. Dans ce contexte si particulier, je pense à toutes les futures mamans, qui s’apprêtent pour certaines à vivre leur premier accouchement, et je mesure la part de stress que cette situation peut susciter. Je me souviens que lors de ma première grossesse, en 2015, ma gynécologue m’avait dit : « Vous savez la grossesse est très médicalisée en France, ça peut être angoissant, mais n’oubliez pas que c’est avant tout un moment heureux ! » C’est vrai qu’on peut vite l’oublier, alors malgré le covid et tout en vous protégeant à 200%, pensez à vous et à votre bébé avant tout et vivez ces moments rares et tellement magiques à fond ! Pour vous aider à anticiper le jour J, qui était pour moi sources de nombreuses interrogations les deux fois (Quand ? Comment ? Par voie basse ou césarienne ? Express ou très long ?…), j’ai interrogé une de mes amies, Charlotte, qui vient d’accoucher d’un petit Hugo. Déjà maman de Jules, bientôt deux ans, elle nous raconte, tout de sa grossesse à moitié confinée à son séjour à la maternité. De quoi imaginer – un peu – ce qui vous attend !

Etre enceinte pendant le Covid-19

Contrairement à la première fois, j’ai beaucoup moins pensé à moi et à mon bébé pendant cette grossesse. Je sais que ça arrive souvent quand on attend son deuxième, mais être en partie confinée pendant ces 9 mois et donc coupée du monde m’a aussi empêchée de la vivre pleinement. En général, pendant ces périodes-là, la femme est au centre de l’intérêt et reçoit plein de petites attentions. Là, presque personne ne m’a vue enceinte, j’ai à peine profité de mes parents et de mes amis et même mes collègues ne voyaient que mon visage dans les réunions en visio ! Ça a donc été assez frustrant parce que c’est un événement heureux que tu as envie de partager. Mais j’ai relativisé en me disant que l’essentiel était que tout aille bien et que c’était simplement une parenthèse.

La préparation à l’accouchement

Mon suivi mois après mois a été le même que la première fois et je n’ai pas fait plus de tests, notamment PCR. La plus grande différence c’est que je n’ai pas suivi de cours de préparation à l’accouchement. Ma maternité – Sainte Félicité dans le 15e arrondissement de Paris – avait mis en place des cours en visio ou en présentiel avec seulement une ou deux personnes, mais je n’ai pas eu envie d’y aller et risquer de prendre le métro puis de passer du temps dans une salle fermée avec des gens que je ne connaissais pas. Mais pour celles dont c’est le premier accouchement c’est bien que ça existe, même à distance, c’est rassurant.

L’arrivée à la maternité

Au début, on pensait que mon mari ne pourrait pas faire d’allers et retours entre l’extérieur et la maternité. C’est ce qu’on nous avait dit deux semaines avant et c’était assez angoissant. Mais heureusement ça ne s’est pas passé comme ça ! Quand nous sommes arrivés, les infirmières nous ont simplement dit que c’était possible et elles lui ont mis un bracelet au poignet pour lui permettre de faire les allées et venues. En revanche, nous n’avions droit à aucune visite, pas même pour notre fils aîné. C’est pour ça que j’ai raccourci d’une nuit mon séjour, j’avais trop hâte de le retrouver et de lui présenter son petit frère !

L’accouchement

Evidemment, nous avions tous des masques. Je l’enlevais parfois mais le personnel était hyper vigilant et me demandait à chaque fois de le remettre. Tout s’est déroulée comme la première fois, mais ce qui m’a le plus marqué, c’est le regard de la sage-femme, j’étais calée sur ses yeux. Beaucoup plus que la première fois finalement. Son regard m’a beaucoup aidé, il me faisait du bien, même si j’ai eu un accouchement relativement facile. La poussée a duré seulement 10 minutes, puis mon fils est sorti. Et malgré le contexte, j’ai vécu ce moment pleinement ! Quand ils me l’ont posé sur le ventre, c’était magique, et je ne saurais même plus dire si j’avais mon masque ou non… On était seuls au monde tous les trois…

« Alors que pour le premier j’étais dans l’émotion de le présenter, là j’étais dans l’émotion de le rencontrer »

Le séjour

Là encore, le masque était présent au quotidien. Dès que tu as une visite du personnel médical ou que tu sors de ta chambre, tu dois le porter. Je l’enlevais à chaque fois que j’étais seule avec mon fils, ça m’inquiétait qu’il ne voit que des gens masqués dès sa naissance ! Mais ce que je retiens malgré tout ça, c’est que j’ai passé 10 fois plus de temps avec lui qu’avec mon aînée il y a deux ans. Comme je n’avais pas de visite, je n’avais rien à penser ou à organiser. J’étais beaucoup plus concentré sur mon bébé. Alors que pour le premier j’étais dans l’émotion de le présenter, là j’étais dans l’émotion de le rencontrer. C’est un des points positifs de toute cette période, nous avons gagné du temps avec notre enfant. Si je devais de nouveau accoucher, je pourrais opter pour ce système de zéro visites. C’est un immense bonheur de présenter son bébé, mais finalement ça peut attendre. La seule chose vraiment difficile c’était de ne pas pouvoir faire venir son grand frère, c’était dur pour la fratrie.

Pour le reste, il n’y avait pas de grandes différences par rapport à mon premier accouchement, si ce n’est que le service de nuit où tu peux confier ton bébé pour te reposer n’existait plus.

Un conseil pour les futures mamans

Profitez de ces instants de découverte avec votre enfant, qu’on s’autorise moins en temps normal avec les visites de la famille et des amis. Finalement je me suis dit que je n’avais pas besoin de grand-chose dans ma valise, si ce n’est mon portable pour garder contact avec mes proches durant cette parenthèse. Ça nous force à être en osmose avec notre bébé, à profiter à fond de ses premières heures et à kiffer à trois !

Retrouvez-moi sur mon compte Instagram @Parlonsmaman

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