Sophie, mon accouchement naturel : «C’était comme un voyage initiatique»

Pourquoi je vous en parle aujourd’hui (3/3): J’adore les histoires d’accouchement. Ces instants où on dévore la vie à 1000%, et où elle apparaît devant nous sans calcul, sans malice, simplement dans les traits de notre bébé. Quel bonheur ! Il y a des milliers d’histoires d’accouchement, mais aujourd’hui j’ai choisi de mettre l’accent sur celle d’un accouchement naturel, autrement dit sans péridurale… Peut-être parce que moi-même je n’ai pas connu ça, trop heureuse d’avoir une péridurale la première fois, un peu moins avec ma césarienne la deuxième fois. Peut-être aussi parce que de plus en plus de femmes font ce choix audacieux et courageux à l’heure de l’hyper-médicalisation des grossesses. Si vous aussi vous vous interrogez dans le cadre de votre grossesse actuelle ou future, je vous invite à découvrir la belle histoire de Sophie, maman depuis le 13 novembre 2020, et dont je vous livre ici la troisième et dernière partie, consacrée à la naissance de son fils Hélios.

Il est 9h ce jeudi 12 novembre 2020, lorsque Sophie ressent ses premières contractions. Elle est à 7 jours de son terme. Les contractions, peu douloureuses au début, s’étirent au fil de cette journée de manière assez irrégulière. Elle poursuit donc son programme normalement. Avocate spécialisée dans les sanctions internationales et à la tête de son cabinet depuis un an, la Parisienne a à cœur de boucler ses dossiers avant de donner naissance à son fils. Ce n’est que vers 18h que les contractions deviennent plus intenses. « A partir de là, j’ai eu besoin de souffler sur chaque contraction pour les vivre au mieux, puis vers 20h, j’ai commencé le chant prénatal auquel je m’étais entraîné avec ma doula, Leslie Lucien (cf l’épisode précédent sur la préparation à l’accouchement) », se souvient la jeune maman. Elle file ensuite dans un bain pour s’assurer que le travail a vraiment commencé. A ce moment-là, son mari, Nicolas, lui lit un texte envoyé par leur doula, L’histoire d’un accouchement, d’Isabelle Brabant. « Ce texte m’a suivi pendant tout mon accouchement. Il parlait d’un petit bouchon sur l’eau pris par des vagues, petites au début et qui le ramènent sur la côte, puis le rythme s’accélère… Il m’a procuré tellement d’émotions, que je n’arrive pas encore à le relire », explique la trentenaire.

Malgré le bain, le travail continue. « J’ai eu beaucoup de chance parce que tout s’est mis en route très progressivement. Ça m’a permis de bien vivre la fréquence de mes contractions et leur montée en puissance », explique-t-elle. A minuit, enfin, ces dernières deviennent plus régulières, sous le chronomètrage attentif du futur papa. A 2 heures, tous deux filent à la maternité des Bluets, dans le 12e arrondissement de Paris. Mais le travail n’est pas encore assez entamé : Sophie n’est dilaté qu’à 1 cm. Elle repart donc chez elle avec son mari, avant de revenir quelques heures plus tard car elle ne sent plus son bébé bouger. Cette fois-ci, les futurs parents restent à la maternité, et une fois rassurés sur l’état de santé de leur fils, ils s’installent dans une salle de naissance dotée d’une baignoire.

« La sensation de le mettre au monde était absolument magique, exceptionnelle »

« J’ai rapidement pris possession de la pièce et comme j’avais un monito sans fil, je pouvais bouger », raconte Sophie. « Commence alors un voyage initiatique, comme une danse, debout, où le petit bouchon m’accompagne et m’aide. J’étais seule avec Nico, on avait mis du jazz en fond ». La future maman reprend alors un bain – elle est à 5 cm de dilatation -, s’y endort et se réveille en sursaut en entendant le « ploc » de la poche des eaux. « J’ai hurlé pour que Nicolas appelle la sage-femme, j’avais des contractions très fortes et un sentiment d’urgence. Effectivement, j’étais passée à 9 ! », revit Sophie, une certaine excitation dans la voix. « A ce moment-là, alors que j’approchais de la délivrance, j’ai connu ce qu’on appelle la ‘désespérance’, de manière très furtive… Je m’y étais préparée mais un court instant je me suis dit au ‘non, non, non qu’est-ce qui m’attend…’ » Cet état se dissipe rapidement. « Avec Nicolas, on pensait que ce serait un réel moment de panique et de désespoir pour moi, avec une envie de mourir comme on avait pu le lire, mais finalement ça ne l’a pas été et on est très vite reparti tous les trois à fond ».

Vient le moment de l’expulsion, que Sophie vit debout dans un premier temps. « C’était long et frustrant car je maîtrisais moins cette partie-là de l’accouchement, se souvient la jeune femme. Ça a tellement duré que le cœur de mon fils s’est mis à battre un peu moins vite. Une gynécologue est venue et après plusieurs tentatives, a dû utiliser la ventouse, mais ça n’a pas marché et surtout ça m’a fait mal. Quand elle a voulu réessayer une seconde fois, Hélios et moi, on s’est dit non, pas de nouveau coup de ventouse ! On y est allé tous les deux à fond et là, j’ai senti sa tête… La sensation de le mettre au monde était absolument magique, exceptionnelle », se réjouit, encore émue, la jeune maman. Il est 16h57 ce vendredi 13 novembre, lorsque les sages-femmes récupèrent le petit garçon et le glissent dans les bras amoureux de sa mère.

Quand je l’interroge sur le degré de douleur qu’elle a ressenti, Sophie me confie que c’est très difficile pour elle de le décrire. « C’était tellement fou comme sensation, que je ne l’ai pas vécu comme une douleur à proprement parler. C’est un peu comme un sportif qui se dépasse dans l’effort pour atteindre son objectif, c’est un moment compliqué à expliquer…  Aujourd’hui encore j’ai du mal à dire que j’ai eu mal, sauf très rapidement au moment de la ventouse », détaille l’avocate. « J’ai vécu des vagues de puissance, un peu plus fortes à chaque fois, puis extrêmement intenses, à tel point que progressivement mon état de conscience s’est modifié pour accueillir cette intensité. Je l’ai vécu comme je l’avais toujours souhaité, de manière puissante et lumineuse. Mais j’ai bien conscience que si quelqu’un devait vivre ces contractions sans être dans l’état de l’accouchement, on appellerait cela de la douleur », conclut la maman d’Hélios.

Pour relire le premier épisode, c’est par ici : Sophie, mon accouchement naturel : «Je voulais le vivre intensément et en pleine conscience»

Et le second volet est ici : Doula, hypnonatal, haptonomie… Comment Sophie, 34 ans, s’est préparée à un accouchement naturel

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