Parlons maman

QUI SUIS-JE ?

La maternité transforme une femme. C’est ce qu’on entend et ce qu’on peut lire partout dès lors qu’on se penche sur la grossesse des femmes. Pourtant, je ne l’ai pas senti la première fois. Pour la naissance de ma fille ainée, j’étais certes chamboulée par ce débordement d’amour, mais je ne me suis pas remise en question intérieurement. Peut être parce que je ne me suis pas laissée ce choix. On avait notre bébé, avec mon mari, notre petite fille tant attendue, notre vie changeait avec ce petit être qui prenait tant de place, mais en même temps elle restait la même. Même boulot, même appartement, même routine.

Evidemment, Louise a bouleversé notre vie. Elle a été la première à nous apprendre à être des parents, la première à faire exploser notre cœur d’amour, la première à mettre sa petite main dans la nôtre. Combien aussi de nuits saccadées, de sorties en moins avec nos amis, de visites chez le pédiatre, de chutes suivies de bisous magiques… Oui notre vie n’était plus la même. L’Amour inconditionnel y était entré avec cette petite merveille, divin mélange de notre amour. Malgré tous ces changements et cette nouvelle vie à trois, après mon congé maternité rallongé de quelques jours de vacances, hop je repartais comme en 40. Je retrouvais mon travail de journaliste, mes réflexes, mes collègues. Je devais juste courir un peu plus et jongler entre ma vie de maman et ma vie professionnelle. Une gymnastique pas toujours évidente mais avec laquelle on s’adapte.

Après avoir eu la vie en nous, on l’a littéralement « devant nous ».

Très vite, l’envie d’un deuxième enfant a émergé en moi. J’avais tellement aimé porter la vie, le montrer fièrement, tenir mon tout petit bébé dans mes bras, la voir grandir sous nos yeux émerveillés. Même l’accouchement m’avait plu. Ce moment où on est plus vivant que jamais. Après avoir eu la vie en nous, on l’a littéralement « devant nous ». En l’écrivant, je me rends compte de la puissance de ces instants uniques, qui les rendent si chers à mes yeux.

J’ai donc eu envie très vite de recommencer. Tout en voulant profiter de chaque étape des premières années de vie de ma fille. Raisonnablement, nous avons donc attendu, puis j’ai changé de travail et le calendrier ne collait plus – autre sujet que la combinaison d’une grossesse avec ses aspirations professionnelles ! Au bout de trois ans – ENFIN ! – j’étais de nouveau enceinte. Quelle joie ! J’ai savouré chaque moment de cette grossesse, tout en étant beaucoup plus fatiguée que la première fois. L’âge sans doute, le fait d’avoir déjà un enfant, des responsabilités plus importantes au boulot… Mais j’étais heureuse de porter à nouveau la vie. Je me disais que c’était peut-être la dernière fois – qui sait ?! – et c’est je pense à ce moment-là que ma transformation intérieure a commencé. Je ne l’ai pas senti tout de suite, pas analysé, mais elle était là, tapie au creux de mes entrailles. Je désirais cet enfant plus que tout, ainsi que tous les moments uniques que l’on allait vivre à deux, à trois, à quatre ! Nous allions former une famille tous les 4 !

La vie nous a offert une deuxième petite poupée : Zoé, si jolie, si câline, si douce. Et moi je voulais en profiter plus que tout, il n’y avait plus que ma maternité, mes filles, ces instants qu’on ne nous volerait pas. Il fallait que j’en profite, j’avais bien assez turbiné pendant 10 ans dans ma rédaction pour me mettre en pause quelques temps. Mon corps, ma tête, mon bébé, ma fille, me l’imposaient. Mon mari a été d’un soutien extraordinaire, compréhensif, patient, à l’écoute de ce chamboulement qu’il a dû voir naître en moi. Qu’il a peut-être même deviné avant moi. La place d’un compagnon face à sa femme devenue mère à 100 % n’est sans doute pas évidente. Pour ça, merci à lui, de m’avoir toujours soutenue et encouragée dans cette voie. 

Mes enfants sont là devant moi et je ne peux pas les quitter. Je ne suis pas prête.

Au début, je n’avais envisagé qu’une « petite » coupure, en rallongeant de deux mois mon congé maternité. Mais à chaque fois que l’échéance se rapprochait, je n’arrivais pas à envisager une quelconque séparation. Je ne savais pas ce que je désirais professionnellement mais je savais ce que je voulais avec mes enfants. Les avoir près de moi, les voir grandir et les accompagner dans leurs premiers pas ! Après un premier report de deux mois, j’ai finalement rallongé mon congé parental de 9 mois. Au total, cela me faisait m’absenter 18 mois de mon entreprise, congé maternité inclus. La décision n’a pas été facile à prendre – pourrais-je retrouver mon poste ? Revenir même dans l’entreprise ? Allais-je devenir mère au foyer ? Que diraient mes collègues ? Ma boss ? – mais au final, ce sont mes enfants qui m’ont apporté la bonne réponse. Ils sont venus à moi, se sont imposés à moi. C’est d’ailleurs ce que j’ai dit à l’époque à ma supérieure. Ils sont là devant moi et je ne peux pas les quitter. Je ne suis pas prête. Tout simplement.

Aujourd’hui, alors que j’ai repris mon travail depuis quelques mois, je ne regrette rien. C’était la meilleure des décisions. J’avais besoin de vivre cette période avec ma famille. Et au-delà d’eux, moi, en tant que femme, je crois que j’en avais terriblement besoin. Prendre le temps, réfléchir, observer, me poser dans cette vie sans cesse plus frénétique, étaient essentiels. Je suis apaisée aujourd’hui et j’ai pu revenir dans ma vie « d’avant » sereine et prête, satisfaite du travail accompli et de ces moments partagés avec mon mari et mes enfants.

Raconter la ou plutôt les maternités, aborder la parentalité au sens large, de la grossesse à la petite enfance

Pourquoi vous raconter tout cela aujourd’hui ? Pour expliquer ma démarche, le sens de ce blog et de ce que je veux faire ici. Car si je suis heureuse d’avoir retrouver mon poste de rédactrice en chef, j’ai compris aussi qu’il me manquait quelque chose dans ce que je faisais. J’ai perdu l’essence de mon travail : l’écriture. J’ai franchi les étapes assez vite et ma première évolution de carrière a coïncidé avec ma première grossesse. Après plusieurs années passées à écrire sur les sujets de société et de politique, je devenais adjointe de la rédactrice en chef du site pour lequel je travaille toujours. Une évolution désirée et nécessaire dans mon parcours. J’évoluais personnellement en fondant une famille avec mon mari, et j’avais besoin d’avancer aussi sur le plan professionnel. Je découvrais une autre facette de mon métier où se mêlent management et éditorial. J’ai très vite appréciée ma nouvelle casquette et beaucoup appris du fonctionnement de mon journal. Si bien que moins de trois ans plus tard, je postulais pour devenir rédactrice en chef, poste que j’occupe donc actuellement et qui me passionne toujours.

Mais comme pendant tout mon congé parental, la question de la place de l’écriture dans ma vie s’impose toujours à moi, quatre mois après ma reprise. L’écriture mêlée aux rencontres, à l’humain, aux histoires hors normes, à la vie que l’on raconte, aux relations humaines, à l’amour, à l’amitié, au hasard ou au destin… J’ai envie de raconter des tranches de vie, des personnalités, des chemins choisis, des bifurcations. De donner des clés à vous les mums-to-be ou déjà mamans d’un ou de plusieurs enfants sur cette période si particulière qu’est la maternité ou d’accompagner vos questionnements à l’aide de spécialistes de la petite enfance. C’est sans doute pour cela que j’ai toujours été passionnée par les sujets de société. Pouvoir raconter la vie, la décrypter. C’est une chance inouïe qu’apporte ce métier de s’enrichir sans cesse au contact des autres.

Je veux donc tenter ici de raconter la ou plutôt les maternités, d’aborder la parentalité au sens large, de la grossesse à la petite enfance. De vous parler de mes coups de cœur et de rencontres ou d’initiatives qui m’inspirent. De vous donner des clés pour vivre ces périodes sereinement, répondre à toutes ces questions que l’on se pose ou que l’on ne se pose pas, comprendre son bébé, analyser ses propres émotions et les apprivoiser, mieux se connaître tout simplement. Et accepter de changer, de revenir en arrière, d’avancer, de se remettre en question. C’est ce que j’ai fait ces derniers mois, c’est ce que beaucoup de femmes font anonymement et parfois sans s’en rendre compte. Je veux ici leur rendre hommage.

Bonne lecture,

Marion

Retrouvez-moi sur mon compte Instagram @Parlonsmaman

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