Pourquoi je vous en parle ici : Loin des récits idéalisés sur la grossesse et le post-partum, on trouve aussi la «vraie vie». Lorsque tout ne se passe pas comme prévu. C’est ce qu’à vécu Marie-Anne, après un début de grossesse idyllique. Après sa première échographie, on lui parle de CMV et des risques que cela pourrait faire peser sur son bébé. Avec émotion, elle me raconte ces quelques mois passés dans la crainte de ce virus et l’absence de réponses et d’accompagnement du corps médical face aux risques que cette infection représente. Jusqu’à son accouchement douloureux et traumatisant.
Lorsqu’elle tombe enceinte de son premier enfant, Marie-Anne est au comble du bonheur. La grossesse se passe bien, elle se projette avec son mari vers cette merveilleuse aventure de la parentalité. Mais leur insouciance ne va pas durer. Lors de l’échographie du premier trimestre, la sage-femme leur annonce que le fémur de leur bébé est trop petit et qu’il faudrait mener des examens complémentaires pour comprendre pourquoi. Le mot «CMV» est alors posé, mais sans plus d’explications. Le cytomégalovirus – cette infection qui peut affecter le développement du fœtus et entraîner des séquelles irréversibles -, Marie-Anne n’en a jamais entendu parler. Mais tout de suite, elle sent que cela pourrait être grave pour son bébé. Et l’insouciance des premières semaines de grossesse disparaît aussi vite.

Un bébé trop petit
La sage-femme lui demande alors de s’orienter vers une maternité pour les examens. Ce qu’elle fait dans la précipitation. Son suivi commence, mais ne la rassure pas. Car d’un médecin à l’autre, les explications ne sont pas les mêmes et souvent peu claires. On lui confirme que son bébé est trop petit, tout en lui disant que c’est proportionnel à leur taille avec son mari. En parallèle, on confirme la présence du CMV dans son sang, sans savoir si cela date d’avant la grossesse ou si elle l’a contracté pendant. Elle poursuit donc sa grossesse, rythmée par de nombreuses analyses et échographies, avec cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête et dans la peur de séquelles pour son bébé.
Compte-tenu de ces risques, Marie-Anne est déclenchée deux semaines avant son terme. Mais là aussi, rien ne se passe comme prévu. «Malgré le déclenchement, mon col était trop long à s’ouvrir et mon bébé ne descendait pas, donc le médecin a dû avoir recours aux cuillères et me faire une épisiotomie», se souvient-elle. «Surtout, lorsque le docteur m’a recousue, je lui ai signalé que je sentais l’aiguille, mais il a rigolé en me disant que ce n’était pas possible comme j’avais une péridurale. On a tout simplement nié ma douleur», regrette encore aujourd’hui la jeune mère. Son bébé, lui heureusement, va bien et le CMV ne devient plus qu’un mauvais souvenir.
«Ma douleur n’avait pas été prise en compte»

Après cet accouchement traumatique, Marie-Anne décide, plusieurs mois plus tard, d’écrire au gynécologue-obstétricien qui l’a accouchée pour le rencontrer. A sa grand surprise, celui-ci lui propose rapidement un rendez-vous. «Pendant 1h30, j’ai pu mettre les choses à plat, dire que je n’étais pas satisfaite de mon accouchement et que ma douleur n’avait pas été prise en compte. Il a reconnu que cela n’aurait pas dû se passer comme ça», m’explique-t-elle aujourd’hui. Une étape qui lui permet d’aller mieux et d’avancer jusqu’à accepter l’idée d’une deuxième grossesse. En parallèle, pour cheminer vers un nouvel accouchement, elle se fait également aider par une doula et un psychologue clinicienne, et raconte dans un livre* son expérience, de sa grossesse sous la menace du CMV à son accouchement traumatique. Une thérapie salvatrice pour la jeune femme et un témoignage nécessaire pour toutes les femmes et les couples qui peuvent être confrontés aux mêmes difficultés.
«Pour mon 2e enfant, j’ai accouché à 4 pattes, quasiment sans péridurale, ça a été une expérience géniale, qui a réparé mon premier accouchement», poursuit, émue, Marie-Anne, qui s’est depuis mise à son compte en tant que consultante juridique en créant son entreprise, Maternity at work. Son objectif : aider les mères lors de la reprise du travail et accompagner les entreprises dans ces périodes de transition.
*Ma grossesse, mes joies, mes angoisses. Comment la maternité a bouleversé ma vie, publié sous son nom d’auteur, Sophia Berque.
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