Audrey, d’une césarienne traumatique à Wounded woman, start-up dédiée à la santé des femmes

Pourquoi je vous en parle ici : Après avoir traversé un premier post-partum douloureux à la suite d’une césarienne d’urgence, Audrey Bouyer s’est retrouvée perdue, sans ressources ni aide matérielle, au moment de sa reprise du travail. Une question est alors venue la tarauder : «Mais qui s’occupe des femmes ?» dans ces moments-là, alors qu’il existe 30 millions de mères dans le monde qui connaissent une césarienne et 1 sur 5 en France. De ce constat est née son envie de faire bouger les lignes et surtout d’aider les femmes à ce qu’elles ne souffrent pas comme elle-même avait souffert. Lingerie spécialisée, parcours de soins dédié, podcast, formation pour les professionnelles… Wounded women était né, sur les cicatrices d’Audrey.

«Un bonheur immense en même temps qu’un chaos psychique total». C’est en ces termes qu’Audrey Bouyer, la fondatrice de Wounded Women, décrit la naissance de son premier enfant. Une sorte de tsunami émotionnel auquel elle n’était pas préparée. Cadre commercial dans une entreprise de défense, elle reconnaît avoir été à l’époque perfusée à la réussite et au contrôle. «Dans ma vie professionnelle, comme dans ma vie perso, dans le sport par exemple, j’avais cette philosophie : j’apprends, j’applique, et ça marche. J’étais matraquée à la performance depuis toujours», analyse aujourd’hui Audrey. Si bien que lorsqu’on lui annonce au bout de 36 heures de travail qu’elle ne sait pas accoucher et qu’elle va devoir subir une césarienne d’urgence, elle tombe de haut.

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«Comme j’étais dans cette logique de performance, j’ai très mal vécue cette annonce, ce qui est commun à 80% des femmes qui vivent une césarienne d’urgence. Surtout que personne ne m’a expliqué pourquoi on devait la faire et qu’on risquait de mourir tous les deux», poursuit Audrey. S’en est suivi un post-partum très douloureux, avec des douleurs au niveau de la cicatrice et une reprise du travail à 6 mois très compliquée. «Je ne trouvais pas de quoi m’habiller, aucune lingerie pour me soulager au niveau de la cicatrice, ni de conseils ou de parcours de soins spécifiques après la césarienne, se souvient la chef d’entreprise avec amertume. Je me suis alors demandé : « mais qui s’occupe des femmes ? » Nous sommes 30 millions dans le monde à connaître un accouchement par voie haute et il n’existe rien pour nous aider.»

Faire bouger les lignes côté politique

La première urgence, selon elle, est de créer une lingerie adaptée. Le parcours de soins spécifiques viendra dans un second temps. Alors que son projet débute, elle tombe enceinte de son deuxième enfant en novembre 2020. Audrey poursuit pour atteindre son objectif. Très vite, elle rejoint un incubateur qui lui permet d’avancer sur ses prototypes. Les premiers modèles de Wounded Women sont commercialisés à l’été 2022. Elle lance d’abord sa gamme de culottes pour soulager les cicatrices de césarienne et de toute autre opération sous le nombril, prendre soin de la peau et soutenir la femme dans sa rééducation et sa posture. Anti-uv, elles se portent également en maillot de bain ou pour le sport.

Une fois cette première étape passée, la jeune chef d’entreprise se lance sur le parcours de soins post-césarienne tant attendu. Pendant un an, elle recueille plus de 6000 témoignages pour mesurer l’impact de la césarienne sur la vie des femmes. Elle en tirera 30 recommandations clés pour mieux accompagner leur prise en charge et un protocole, certifié par un collège scientifique et à présent dispensé dans plusieurs maternités, dont celle des Bluets à Paris. «Je veux aussi faire bouger les lignes côté politique. Et cela avance car mes propositions figurent dans le projet de loi de deux députés sur le post-partum», poursuit Audrey.

En 3 ans, Wounded Women a déjà soulagé plus de 2000 femmes dans 14 pays, développé un parcours de soins post-césarienne et présenté son projet à l’Elysée, à l’Assemblée nationale et au ministère de la Santé. Audrey a également reçu le prix Femme Forbes 2025. Avec une énergie débordante, cette dernière veut poursuivre le chemin déjà tracé en 2026, en formant davantage de professionnels en France mais aussi à l’étranger. «Tout ce que je fais, je le fais pour les femmes, nos filles, nos nièces… Pour qu’elles ne souffrent pas autant moi», conclut cette entrepreneuse passionnée.

Découvrez le site de Wounded Women ici.

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