Maison sans tabou, la maison d’édition qui dit la «vraie vérité» aux enfants

Pourquoi je vous en parle ici : La mort, l’inceste, l’accouchement, le handicap, la puberté, la sexualité… Il y a des sujets plus difficiles que d’autres à aborder avec nos enfants. On n’a pas forcément les bons mots, on peut aussi ne pas être à l’aise et du coup, bien souvent, il est plus facile d’éviter le sujet que d’en discuter. Pour aider les parents à parler de ces sujets tabous et les enfants à les comprendre, Charlène Petit-Esquirol vient de lancer Maison sans tabou. Avec une promesse claire pour cette jeune maison d’édition toulousaine qui ambitionne d’aborder avec simplicité les sujets sensibles de la vie. Elle vient de publier 4 premiers albums pour les 0-4 ans, dans sa collection «La vraie vérité sur…». Au programme : la grossesse, la mort, les accouchements et l’inceste. Des livres cartonnés inclusifs et ludiques écrit par Mona H et illustrés par Lou Gille et en librairie depuis le 12 janvier. Et parfaitement adaptés dans leur format à nos enfants. Rencontre avec la fondatrice de Maison sans tabou.

Comment est née Maison sans tabou ?

Charlène PETIT-ESQUIROL – Maison sans tabou est né d’un grand manque que j’ai ressenti en tant que maman. Quand mon aînée m’a posé ses toutes premières questions sur la conception et l’arrivée de son petit frère, je me suis rendu compte qu’il n’existait quasiment aucun livre pour les tout-petits qui y répondait vraiment. La plupart faisaient des détours, utilisaient des métaphores, des rimes à rallonge… ou faisaient carrément apparaître le bébé comme par magie, sans qu’on sache trop comment ni par où il était sorti. Or moi, j’avais juste envie de pouvoir lui dire la vérité, simplement, avec des mots justes et adaptés à son âge.

Et puis, en en parlant autour de moi avec mes ami.es parents ou des professionnel.les de l’enfance je me suis rendu compte que ce n’était pas qu’une histoire de livres. Les adultes sont souvent très démuni.es pour parler de sujets comme la grossesse, la naissance, la mort, le corps ou les violences sexuelles. On a peur de mal faire, alors on évite, on invente, on édulcore… Et au final, ce sont les enfants qui restent avec leurs questions.

J’ai donc eu envie de créer des livres qui disent la réalité sans la brutaliser, qui mettent des mots sur ce qui se passe dans la vie, avec douceur mais aussi avec clarté. Et avec des illustrations inclusives, pour que chaque enfant puisse s’y reconnaître, au moins un peu. C’est comme ça qu’est née Maison sans tabou : une maison d’édition pour ouvrir le dialogue et lever les tabous dès le plus jeune âge.

Quel message souhaitez-vous véhiculer avec Maison sans tabou ?

Le message de Maison sans tabou est très simple : les enfants ont le droit de savoir, de comprendre et de poser des questions. Je suis profondément convaincue que parler vrai protège nos enfants. Offrir des mots justes les aide à mieux vivre ce qu’ils et elles traversent, à mettre des repères sur leurs émotions et à se sentir légitimes dans leur vécu.

À travers nos livres, j’aspire à défendre une vision respectueuse de l’enfance : les enfants sont capables d’entendre la réalité quand elle leur est transmise avec douceur mais honnêteté.

Et puis, il y a aussi les adultes. Parents, proches, professionnel.les… Nos livres sont pensés comme des outils pour ouvrir la discussion, dédramatiser, créer du lien et éviter que les sujets difficiles ne deviennent des zones de silence ou de honte.

Quelles sont les ambitions de Maison sans tabou pour 2026?

J’avais un objectif pour 2026 : que nos livres apparaissent dans Les Maternelles XXL. Et c’est arrivé le 8 janvier… donc, techniquement, mon année pourrait s’arrêter là ! Plus sérieusement, mon ambition pour Maison sans tabou, c’est vraiment de l’ancrer dans le paysage comme une maison d’édition de référence pour les livres jeunesse engagés, inclusifs et utiles.

En 2026, j’ai envie d’élargir encore le catalogue, d’aborder de nouvelles thématiques, de toucher un public plus large, les familles bien sûr, mais aussi les crèches, les écoles, les professionnel.les de la petite enfance, les bibliothèques. L’idée, c’est que Maison sans tabou devienne un repère pour toutes les personnes qui cherchent des livres pour parler du vrai monde aux enfants, sans tabou, sans violence, sans infantilisation.

Quels sont les prochains livres prévus ?

Après «La vraie vérité sur»: la grossesse, la mort, les accouchements et l’inceste, nous sommes en train de travailler sur les quatre prochains titres de la même collection, à savoir: le handicap, l’allaitement, les cheveux et la viande.

Quel a été votre parcours avant de créer votre propre maison d’édition ?

J’ai fait des études de sociologie et de sciences du langage, puis j’ai obtenu un diplôme d’État de sophrologue. J’ai travaillé auprès des enfants dans les écoles, mais aussi avec des professionnel•les de l’enfance et des parents. J’ai toujours évolué dans des univers très liés à l’humain, à la transmission et à la parentalité. Je me suis beaucoup intéressée à la périnatalité, aux questions de maternité, de couple, de famille, et à la façon dont on accompagne les enfants dans leurs premières grandes questions existentielles.

Avec le temps, j’ai compris que ce qui me touchait le plus, c’était la manière dont on raconte le monde aux enfants, et à quel point ça structure leur monde à elles et eux. Maison sans tabou, c’est vraiment la synthèse de tout ça : un projet éditorial, mais aussi politique et sensible, au service des enfants et de celles et ceux qui les accompagnent.

Découvrez la maison d’édition Maison sans tabou par ici.

Retrouvez-moi sur mon compte Instagram @Parlonsmaman

Laisser un commentaire